LA MARCHE POUR LE MALI : DÉCLARATION A LA FIN DE LA MARCHE POUR LE MALI BAMAKO 21 MAI 2016

Source
BEN URD
Date
21 mai 2016

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Bonjour et merci d’être venus si nombreux à la marche pour le Mali.
AW NI TCHÉ AW NI TCHÉ AW YÉRÉ YÉ !

Mesdames, Messieurs,
En tout premier lieu, nous nous inclinons avec tristesse, émotion et
recueillement devant la mémoire de toutes les victimes des violences et des
actes terroristes qui frappent durement notre Nation. Victimes civiles et
militaires. Victimes maliennes et étrangères. Victimes enfin d’actes odieux à
condamner vigoureusement avec la dernière rigueur.
Nous tenons à présenter nos condoléances les plus attristées aux familles des
disparus et à souhaiter prompt rétablissement aux blessés.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

MAIS EST CE QUE ÇA VA DANS LE PAYS ?
EST CE QUE ÇA VA AU MALI ?
MERCI !
Nous sommes là parce que ça ne va pas !
Et pourtant nous avons alerté ! Sans cesse alerté ! Oui nous avons toujours
dénoncé toutes les dérives qui caractérisent la Gouvernance de notre pays !
Et pour toute réponse nous avons eu le mépris des autorités et la diffamation
publique nous avons été traités d’apatrides, de « hassidi » !

AW YE HASSIDI YE WA ?
AW YE HASSIDI YE WA ?

Mesdames, Messieurs,

Notre Mali est en terribles souffrances sociales, en persistantes déviances
affairistes, en misères économiques grandissantes et en méfiances inquiétantes
de la communauté internationale et des investisseurs.
Plus de 30 mois d’immobilisme, voire de recul ont anéanti l’espoir, le bonheur
et l’honneur tant promis.
Or, notre peuple n’aspire qu’à la paix, à la quiétude dans la solidarité et le
partage. C’est pourquoi nous avons invité les Maliennes et les Maliens de tous
bords, ce matin à « la Marche pour le Mali », pour faire entendre le cri de
désespoir de notre peuple, le cri du peuple est notre cri à tous et c’est
ensemble que nous devons désormais nous engager au chevet de notre pays pour
le bien-être des populations, au-delà de tous les clivages politiques,
dénoncer non seulement les dérives du régime mais aussi et surtout…

Dire non à la mauvaise gestion du Nord,
Non à la mauvaise gouvernance,
Non à la corruption généralisée,
Non à la dilapidation de nos maigres ressources,
Non à l’arrogance et au mépris,
Non à l’absence de dialogue social justifiant ainsi le malaise social
grandissant.
Exiger que la priorité soit donnée à une paix durable en toute transparence
des moyens et des accords !
Refuser catégoriquement la partition du pays dont les conséquences
diviseraient notre peuple !
Exiger avec force la création massive et pertinente d’emplois pour les jeunes
;
Soulager la souffrance du peuple par des subventions des denrées de première
nécessité.

Mesdames et Messieurs,

Le pays vit dans l’incertitude.
Les Maliens ont la nette impression d’une action publique sans but, sans
visibilité, d’un exercice du pouvoir qui tourne à vide, de l’absence de
réformes, de direction et d’engagement.
Les Maliens s’interrogent sur le manque d’ambitions de la gouvernance actuelle
car les incantations ne peuvent tenir lieu de réponses à leur angoisse.
Les populations s’interrogent également sur l’État et ses démembrements
(l’éducation, la santé, la justice, l’administration…) leurs capacités à
délivrer les services de base, sur les spoliations, les multiples tracasseries
dont ils font l’objet. Les Maliens ne se reconnaissent pas dans l’État tel
qu’il fonctionne.

Aujourd’hui au Mali des centaines d’écoles sont fermées, des milliers
d’écoliers sont privés d’étude.
Aujourd’hui au Mali des centaines de centres de santé sont fermés : des
milliers de maliens sont privés de soins primaires.
Aujourd’hui, au Mali des centaines d’enseignants, de fonctionnaires sont au
chômage faute de classes, de bureaux venant s’ajouter aux milliers de jeunes
sans emploi ni espoir.
Aujourd’hui au Mali, tous les foyers sont privés d’électricité de jour comme
de nuit à cause des coupures intempestives.
Aujourd’hui les maliens peinent à avoir l’eau potable à cause des coupures
incompréhensibles.
Aujourd’hui au Mali les communautés maliennes s’affrontent à coup d’armes de
guerre après des millénaires de cohabitation fraternelle et pacifique comme
dans le centre du pays.
Aujourd’hui au Mali personne ne peut s’aventurer en dehors des grandes villes
au risque de se faire tuer.
Aujourd’hui, le Nord du Mali est caractérisé par l’absence totale de l’État et
les populations abandonnées à elles mêmes.
Tout ceci incline à s’atteler à la redéfinition du rôle de l’État.
Depuis trente mois, notre peuple attend toujours que l’État affirme son
autorité, qu’il prenne ses responsabilités, et d’abord ses responsabilités en
matière de sécurité et de défense du territoire.
Depuis trente mois notre peuple réclame le respect des lois, une justice égale
pour tous.
Depuis trente mois notre peuple souhaite que le pays connaisse la stabilité,
que l’action des autorités publiques soit transparente et contrôlable.
Mesdames, messieurs,
Le temps est venu de sortir de l’immobilisme actuel et redonner espoir à nos
populations.
Les Maliens attendent un État fort, un État solide, stable et juste, un État
stratège, capable de donner une direction au pays.

OUI OU NON ?

Les maliens veulent un État au service du développement et de l’économie, qui
soutienne les initiatives des citoyens pour le développement, garantit la
création de richesses par le secteur privé,

OUI OU NON ?

Les maliens souhaitent une redistribution équitable des richesses, et une
solidarité agissante avec les plus démunis.

OUI OU NON ?

Les maliens veulent d’un État qui saura unir la Nation, la protéger et non la
diviser.

OUI OU NON ?

Nous voulons un État qui crée l’espoir

OUI OU NON ?

Parce que sans une République affirmée, sans un État respecté, sans une
Démocratie assurée, sans une vie politique guidée par l’intérêt général, sans
un développement équitable et visible, il est fort à craindre que les mêmes
causes produisent les mêmes effets, que la Nation s’efface devant les intérêts
privés et les particularismes destructeurs.

Mesdames et Messieurs,

Le 12 avril 2016, les partis politiques de l’opposition républicaine et
démocratique ont décidé solennellement de se retirer du cadre de concertation
ministre de l’administration / présidents des partis politiques pour ne plus
s’associer à une quelconque concertation qui ne prend pas en compte les vrais
problèmes politiques et institutionnels du pays.
Douze mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au
Mali issu du processus d’Alger, le gouvernement est toujours au stade de
tâtonnement et de tergiversation là où il a pris des engagements explicites.

Mesdames et Messieurs,

Ces constats affligeants dénotent de la politique de fuite en avant qui
caractérise l’action gouvernementale au Mali depuis deux ans et demi.
Vers la fin du dernier trimestre de l’année 2015, l’Opposition et la Majorité
avaient projeté de se rencontrer dans le cadre d’un dialogue constructif afin
de proposer des solutions aux préoccupations des Maliens. Cette nouvelle,
largement commentée dans les colonnes des journaux et sur les antennes des
radios, a été perçue par nos compatriotes comme une démarche républicaine
porteuse d’espoir.
Depuis le 2 décembre 2015 nous sommes dans l’attente du démarrage du dialogue
républicain.
Pour toutes ces raisons et tant d’autres, l’opposition républicaine et
démocratique marche pour le Mali ce jour et prend à témoin le peuple malien et
la Communauté internationale pour exiger fermement du Gouvernement de la
République, ce qui suit :

1- Des Assises Nationales pour la Refondation de l’État,
2- Le retour du Président ATT pour une vraie réconciliation nationale,
3- La fin de la dilapidation des ressources publiques,
4- L’emploi pour les jeunes,
5- Une meilleure dotation des FAMAS pour la défense de l’intégrité du
territoire et la sécurisation des personnes et de leurs biens,
6- Une gestion transparente des ressources allouées aux FAMA,
7- Un allègement de la souffrance quotidienne des ménages,
8- La fin de la gestion patrimoniale de l’État.
9- Une meilleure présence de l’État et de ses démembrements (Éducation, Santé,
Administration…) sur toute l’étendue du territoire national,
10- Le retour au dialogue pour contenir un malaise social grandissant.

Nous, partis de l’opposition républicaine, organisations de la société civile
présents ici ce jour sommes déterminés à redonner espoir et confiance à notre
peuple !

J’ai parlé au nom des Partis Politiques de l’opposition Républicaine et
Démocratique :
AFP, ANCD-Mali, FARE An Ka Wuli, FCD, PARENA, Parti Lumière, PDES, PIDS, PSP
et URD.
Je remercie la Société Civile, les opérateurs économiques, les transporteurs,
les syndicats, le secteur privé…
Je remercie les représentants des dizaines d’associations et de clubs ici
présents.
Je remercie la jeunesse combattante, nos braves mères, épouses et sœurs.
Je remercie toutes les forces vives de notre pays qui ont répondu massivement
à notre appel.
Mesdames, Messieurs, la lutte continue, le Mali vaincra.
Nous disons au gouvernement encore une fois
Attention, Attention, Attention !
Restons vigilants et mobilisés.

AW NI TIE,
ALLAH KA MALI KISSI
ALLAH LA AW NIOUMA SÉGUIN SO
MERCI

Je vous remercie !

Soumaïla Cissé